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Les vieilles filles d’Arles
GAUGUIN
Photo : © Christian Devleeschauwer

Les vieilles filles d’Arles

Paul GAUGUIN (graveur)
École, pays : France
Paris, 1848 - Atuona (Iles Marquises), 1903
1889
Zincographie sur papier vélin jaune tirée à une cinquantaine d'exemplaires
Trait carré H x L en cm : 19 x 21
Legs Clara BROUILLON, 10/01/1943
Musée des Beaux-Arts (inv. 943.1.29)

Réalisées en janvier et février 1889, ces premières estampes de Paul Gauguin font partie d’un porte folio de dix gravures au trait sur des plaques de zinc avec une onzième pour « couverture ». L’ensemble a été exécuté par le lithographe-imprimeur réputé de l’époque, Edward Ancourt sur de grandes feuilles de papier teintées dans la masse d’un jaune vif, la couleur fétiche de l’artiste. Ce choix, s’il parait audacieux, met en évidence la sensibilité de Gauguin aux estampes japonaises mais également celle –aiguisée par Théo Van Gogh - aux nouveaux moyens de communication bon marché que sont les affiches publicitaires à la mode.

Dès juin 1889, en marge de l’Exposition universelle de Paris, l’album « visible sur demande et vendu 20 Frs » et associé à quelques feuilles d’Emile Bernard, est présenté avec quatorze toiles, deux pastels et une aquarelle à l’exposition du « groupe impressionniste et synthétiste » au café Volpini.

L’année précédente à Pont-Aven, Gauguin a posé les jalons du synthétisme. Les signes de cette nouvelle esthétique, qui nourrira bientôt les Nabis, sont visibles : la couleur construit, la ligne simplifie et la perspective traditionnelle est malmenée au profit d’un espace bidimensionnel. Au-delà de tout naturalisme et en réaction à l’impressionnisme, l’artiste restitue avec force l’authenticité de ses rencontres vécues en Bretagne (1886 et 1888), en Martinique (1887) et en Provence (Arles, 1888).

En osmose, avec ceux qui peuplent « les paradis perdus » : la forme et le contenu dévoilent leur caractère sauvage et primitif. Couleurs – jaune (souvenir du soleil tropical, des tournesols de Vincent Van Gogh, de la maison jaune à Arles ?), noirs profonds et brillants, gris subtils, et lignes – cernes appuyés, écriture sinueuse – traduisent plastiquement la fusion du monde réel et du monde imaginaire.

Tiré seulement à cinquante exemplaires, l’album Volpini est aujourd’hui considéré comme un manifeste en images des meilleures créations de Gauguin. L’artiste cherche à se faire connaître et à vendre. Il propose un florilège de ses oeuvres revisitées, on pourrait même dire en train de se faire ou en devenir. Car ce ne sont pas de simples reproductions mais bien des interprétations, expérimentations autour de compositions originales, surprenantes pour l’époque : déformations et bizarreries anatomiques … un pas vers l’art moderne, fait de couleurs et d’abstraction, mêlant symboles et significations cachées, un autre vers le mythe de l’artiste inclassable, l’alchimiste qui fera l’admiration de Maurice Denis ou d’Henri Matisse.
[M.-H. Montout-Richard, 2021]

Notice complète

Description

Quatre femmes drapées dans leur châle, se protégeant du vent, s’avancent par deux sur un chemin bordé d’arbres


Sujet/Thème
scène femme arlésien costume traditionnel coiffe arbre chemin promenade buisson jardin public vent
Lieu
Arles

Création

titre
Les vieilles filles d'Arles
autre titre attribué
Les vieilles filles (Arles)
graveur
Paul GAUGUIN
Paris, 1848 - Atuona (Iles Marquises), 1903
École, pays : France
Epoque, datation : 1889
Imprimeur lithographe
Edward ANCOURT
1841 - après 1921
École, pays : France
Lieu : Paris
Epoque, datation : 1889

Technique

Domaine
estampe

Libellé
Zincographie sur papier vélin jaune tirée à une cinquantaine d'exemplaires
Technique
zincographie
Support
papier vélin

Trait carré H x L en cm
19 x 21
Feuille H x L en cm
46,8 x 31,2
Hauteur en cm
19 (gravure)
Largeur en cm
21 (gravure)
Hauteur en cm
46,8 (feuille)
Largeur en cm
31,2 (feuille)

Contexte

Cette oeuvre fait partie d’un ensemble de onze zincographies formant un Album, connu sous le nom de la suite Volpini, du nom du propriétaire du Café des Arts qui accueille, en 1889, au Champ de Mars, parallèlement à l’Exposition universelle de Paris, l’exposition des peintures du groupe impressionniste et synthétiste. Cet Album est alors consultable sur demande, avec une autre série d’estampes d’Emile Bernard.

Oeuvre en rapport

Inscription

  • signé
    en bas à gauche
    P. Gauguin

Identification

Numéro d'inventaire
943.1.29

Statut administratif

  • 943.1 Legs Clara BROUILLON, 10/01/1943 (Actuel)

Collection antérieure

Référence

Bibliographie

  • CAHN Isabelle, Gauguin und die Schule von Pont-Aven
    Munich, 1998
    reproduction couleur 11h page 50
  • Gauguin et les peintres de la Bretagne
    Japon, 1992
    cité page 142
  • MONGAN Elizabeth, Paul Gauguin : catalogue raisonné of his prints
    Berne, 1988
    cité page 32
  • Paul Gauguin (1848-1903)
    Tokyo, 1987
    n° 49 pages 85-86, reproduction couleur 49 page 85, PICKVANCE Ronald, notice 40-49 page 167-168, cité (Cat.n°49) page 168
  • GUERIN Marcel, L'oeuvre gravé de Gauguin
    Paris, 1927
    n°11 non paginé

Exposition

  • Gauguin und die Schule von Pont-Aven Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung
    28/08/1998 - 15/11/1998
  • Paul Gauguin Aichi Prefectoral Museum of Art
    12/06/1987 - 28/06/1987
  • Paul Gauguin The National Museum of Modern Art, Tokyo
    06/03/1987 - 17/05/1987

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