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La Danse italienne
COROT
Photo : © Devleeschauwer Christian

La Danse italienne

Camille COROT (peintre)
École, pays : France
Paris, 1796 - Paris, 1875
entre 1865 ; et 1870
Huile sur toile
H x L en cm sans cadre : 66,5 x 47,7
Legs Jean-Pierre LUNDY, 1887
Musée des Beaux-Arts (inv. 887.3.1)

Durant son court apprentissage chez Achille-Etna Michallon, réduit à quelques mois en 1822, Corot avait pu voir son maître travailler à un tableau destiné au Salon de cette année-là, Paysage inspiré de la vue de Frascati (Paris, musée du Louvre) -finalement acquis par Louis XVIII. Et, dans cet exceptionnel paysage « champêtre » dont l’univers visuel et poétique, très inspiré par Claude Gellée dit Le Lorrain, réapparaîtra plus tard dans l’œuvre de Corot, on pouvait voir un groupe de paysans italiens danser une saltarelle au milieu d’une clairière ; Michallon avait tenté d’y synthétiser le réalisme de la représentation des arbres, des végétations et des lointains avec la vision poétique idéale apportée par une telle scène bucolique « à la Virgile ». Une copie de ce tableau, traditionnellement attribuée à Corot (collection particulière) et exécutée durant sa formation, prouve d’ailleurs l’importance de cette œuvre dans la formation de son œil et de sa manière picturale.

Le thème de la danse reviendra alors régulièrement dans son œuvre, aussi bien dans des paysages historiques inspirés de l’antique, comme Silène (Minneapolis lnstitute of Arts) ou « Matinée, danse des nymphes » (Paris, musée d’Orsay), que dans des paysages champêtres, souvent d’inspiration italienne, comme « Site des environs de Naples » (Springfield, Museum of Fine Arts). Ainsi, grâce à ces mises en scène de personnages dansants, Corot pouvait-il concrétiser trois de ses finalités esthétiques principales : « humaniser » la nature qu’il représentait, en la rendant plus accessible ; animer sa composition, en intégrant le groupe de figures dans le rythme général des frondaisons, des végétations et des feuillages ; créer enfin un univers musical, nous dirions même sonore, qui accentue les effets poétiques qu’il recherche. Ce dernier point apparaît d’ailleurs comme le plus essentiel ; grand amateur de ballets, de concerts et d’opéras, Corot rêvait d’insuffler à ses tableaux l’une des qualités principales de la musique : être un art qui peut oublier le sujet, le contexte et même le réel, afin de favoriser une émotion et une jouissance purement sensorielles, sensuelles et, en définitive, abstraites. On comprend alors aisément pourquoi ce thème des personnages dansants l’obsédera toujours après 1860, en dépit du tournant « commercial » de sa carrière ; nous le retrouvons en effet dans de nombreux souvenirs de ses dernières années, aussi bien dans des œuvres destinées au marché de l’art que dans des tableaux plus ambitieux, comme la Pastorale du Salon de 1873 (Glasgow, Kelvingrove Art Gallery and Museum).

Ce tableau reprend donc ce thème de la danse de manière lyrique, mis en scène dans un paysage composé en hauteur de façon monumentale ; il apparaît très proche d’une version deux fois plus grande, aujourd’hui conservée au Japon, « Souvenir de la baie de Naples « (Tokyo, Musée national d’art occidental). L’arrière-plan, où l’on devine des maisons et un bord de mer éclairés par une lumière très méditerranéenne, évoque par ailleurs le « souvenir » de la baie de Naples peint dans le même esprit dans un autre de ses chefs-d’œuvre, « Site des environs de Naples » (Springfield, Museum of Fine Arts). [V. Pomarède, 2009]

Notice complète

Description

Au centre d’une clairière, un homme, tenant un tambourin, et une femme dansent accompagnés par une joueuse de guitare.


Sujet/Thème
scène de genre paysage danse musique groupe de figures italien effet de perspective costume traditionnel jeunes gens tambourin ombre arbre végétation
Lieu
Italie

Création

Titre
La Danse italienne
peintre
Camille COROT
Paris, 1796 - Paris, 1875
Nationalité, culture : Française
École, pays : France
Epoque, datation : entre 1865 ; et 1870

Technique

Domaine
peinture

Libellé
Huile sur toile
Technique
peinture à l'huile
Support
toile

H x L en cm sans cadre
66,5 x 47,7
H x L x E en cm avec cadre
100,2 x 81,4 x 9
Hauteur en cm
66,5
Largeur en cm
47,7
Hauteur avec cadre en cm
100,2
Largeur avec cadre en cm
81,4
Épaisseur avec cadre en cm
9

Contexte

Une lettre de la société de rentoilage Chapuis & Cie, datée du 13 mars 1903, chargée de la transposition de la toile informe Henri Jadart, conservateur, de l’existence de trois couches successives peintes par l’artiste. Après avoir enlevé la toile de préparation, ils ont mis à jour deux études : un sujet d’histoire Sainte (Caïn et Abel) représentant le corps d’Abel mort, Caïn fuyant, le Seigneur dans le ciel le maudissant ; puis un paysage. Ces deux sujets ont disparus pour amincir et ramener le sujet actuel, aucune photographie n’a pu être réalisée. [source : archive du musée]

Oeuvre en rapport

  • 2007.0.1022 La Danse italienne Arts Graphiques\MBA - représenté
  • Bouxin A., La danse des Italiens, 1926 (AG) - dérivé de

Inscription

  • signé
    en bas à gauche
    Corot
  • cachet
    sur le cadre, au dos, à la cire rouge, quatorze cachets fragmentaires répartis sur le pourtour
  • marque de transit ; étiquette
    sur le cadre, au dos, IAT
  • inscription concernant la restauration ; étiquette
    sur le cadre, au dos, en haut à gauche, à l'encre
    REIMS / MPR 6355 / COROT / La Danse / Italienne
  • annotation ; étiquette
    sur le cadre, au dos, en haut à droite, au crayon à bille rouge
    C/ 6 19
  • numéro
    sur le cadre, au dos, en haut à droite, sur étiquette précédente
    21
  • annotation ; numéro Sartor
    sur le cadre, au dos, à droite, au crayon noir, effacé
    Musée de Reims 112
  • numéro pochoir rouge
    sur le cadre, au dos, en bas à gauche
    1164
  • Marquage numéro d'inventaire
    sur l'objet

Identification

Numéro d'inventaire
887.3.1

Statut administratif

  • 887.3 Legs Jean-Pierre LUNDY, 1887 (Actuel)

Situation

  • Exposé dans le futur musée

Collection antérieure

Référence

Bibliographie

  • Towards Impressionism. Landscape Painting from Corot to Monet
    Bâle, 2017
    cat. 13 : cité page 44, reproduction couleur et légende pages 90 et 128
  • LIOT David, De Corot à l'art moderne : souvenirs et variations
    Paris, 2009
    POMAREDE Vincent notice I, reproduction couleur page 159
  • GUELTON Bernard, L'exposition Interprétation et réinterprétation
    Paris, collection "L'ouverture philosophique", 1998
    reproduction page 37, cité page 45
  • La collection Lundy, 100 tableaux du XIXe siècle
    Reims, 1997
    DELOT Catherine notice n°16 et reproduction couleur page 36
  • POMARÈDE François, Exposition du Musée Saint-Denis, Reims
    Tokyo, 1986
    reproduction couleur ill.19 page 54

Exposition

  • Brain Trust - Autour du paysage français au XIXème siècle Municipal Museum of Art de Kitakyushu
    25/07/2020 - 06/09/2020
  • Towards impressionism - Landscape painting from Corot to Monet Cornell Fine Art Museum Rollins College of Winter Park
    20/01/2018 - 08/04/2018
  • Towards Impressionism - Landscape Painting from Corot to Monet Frye Art Museum of Seattle
    05/05/2018 - 29/07/2018
  • La collection Lundy, 100 tableaux du XIXe siècle Musée des Beaux-Arts de Reims
    21/06/1997 - 23/11/1997
  • Exposition du musée Saint-Denis, Reims, 1986-1987

Cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

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