L’Orientalisme

La fascination pour l’Orient traverse l’histoire de l’Art occidental. Elle est le fruit des échanges constants qui, du Moyen-Âge à l’époque moderne, animent le bassin méditerranéen et lient le continent européen à l’Asie. Outres des relations conflictuelles, le déclin de l’Empire ottoman, la campagne d’Égypte de Bonaparte puis l’expansion coloniale européenne vont susciter au 19ème siècle un intérêt renouvelé et durable. La Grèce, avant l’Asie mineure ou l’Afrique du nord, demeure le premier contact avec l’Orient. Au-delà des paysages et d’une Antiquité ressuscitée à laquelle les artistes se confrontent, les épisodes de libération des populations grecques offrent à la jeune génération romantique la matière propre à l’expression de ses nouvelles aspirations.

Avant que les cultures ne cherchent à être appréhendées pour elles-mêmes, l’Orient est perçu sous le prisme de l’exaltation des sens. C’est surtout sensualité du harem ou violence fantasmées qui cristallisent les premières productions et fixent durablement les poncifs orientaux. Le paysage quant à lui révèle la grandiloquence des espaces, la puissance de la couleur et de la lumière. Les populations sont à leur tour appréhendées au travers de l’exubérance de leurs vêtements, de leurs coutumes et pratiques qui paraissent différentes et fascinantes à l’image des turqueries des 17ème et 18ème siècles. Préciosité et raffinement d’une culture millénaire, noblesse et poésie sont tour à tour convoqués.



Toutefois, à l’image des préraphaélites anglais, certains vont chercher, sur ces terres de religions, les fondements du christianisme en l’ancrant dans le contemporain des populations de cet Orient renouvelé. Et, parallèlement aux fictions exotiques et colorées qui connaissent un succès grandissant en Europe, certains artistes délaissent cet imaginaire au profit d’un autre regard, plus attentif, rigoureux et descriptif et, partageant le quotidien des populations parfois durant de longs séjours, renouvellent le genre en le teintant d’une approche plus ethnographique.



Entrant dans l’intimité des foyers, les artistes livrent alors une vision silencieuse d’un monde jusqu’alors secret et fixent les traits d’un Orient, parfois reculé, qui tend à disparaître, bien éloigné du rêve oriental.

Voir toutes les oeuvres liées à l’Orient