Trésors sous les rails. Quelques découvertes archéologiques à Reims
Les fouilles archéologiques menées à Reims entre 2007 et 2008 par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), à l’occasion des travaux des lignes du tramway, ont permis la découverte de vestiges exceptionnels.
Pour la première fois depuis qu’ils ont été mis au jour, deux trésors, un service de table gallo-romain en orfèvrerie et un dépôt monétaire du 18e siècle, sont présentés au public au musée Saint-Remi.
Le service de table est composé de plusieurs plats et coupes en bronze recouvert de feuille d’argent et de cuillères en argent. Il a été découvert dans le secteur du boulevard Roederer, dans la cave d’une domus (habitation de classe aisée) du IIIe siècle, où il était sans doute rangé dans un compartiment clos, soigneusement emballé dans un tissu. Bien que d’une valeur moyenne en comparaison aux services en argent massif produits alors en Italie, il était probablement utilisé lors des réceptions et dans les grandes occasions, et devait afficher la prospérité de ses propriétaires. Il s’agit d’une production issue d’ateliers localisés dans le centre ou le centre-est de la Gaule.
Si la découverte d’ensembles majeurs de vaisselle précieuse de cette époque reste rare, c’est pourtant le deuxième trésor de ce type qui a été mis au jour à Reims : en effet, un service similaire a été trouvé en 1900 lors de travaux boulevard Lundy. Le détail en a été publié en 1980 peut être consulter ici
Le dépôt monétaire est, quant à lui, constitué de 26 monnaies datées de la fin du règne de Louis XIV et de l’avènement de Louis XV. Il a été mis au jour dans le remplissage d’abandon d’une cave voûtée située cours Langlet (entre la cathédrale et la gare). Si les pièces ont été frappées dans différentes ateliers français, neuf d’entre elles l’ont été à Reims.
Dix monnaies, dites « écus aux trois couronnes », illustrent la fin du règne du roi Soleil. Au décès du souverain, elles ont vocation à être remplacées par des monnaies à l’effigie du nouveau roi, dit « écus neufs » ou « vertugadins », dont le trésor compte quinze exemplaires. Mais cette nouvelle monnaie est souvent surfrappée sur des écus déjà existants, dont la valeur se trouve alors modifiée. Le « vertugadin » a de nouveau été dévalué en 1718. La thésaurisation de cet ensemble de monnaies, dont la valeur était supérieure à celle des écus qui lui ont succédé, peut sans doute s’expliquer par ces mutations monétaires en cours dans le royaume de France au début du 18e siècle.
Le musée Saint-Remi vous invite à venir admirer ces deux ensembles remarquables, qui témoignent de la richesse du territoire rémois à travers les siècles.
Exposition en partenariat avec l’INRAP et la DRAC Grand Est