À l’ombre de Gaignières : les portraits de Louis Boudan

Par Georges Magnier, directeur des musées de la Ville de Reims

Le musée des Beaux-Arts de Reims conserve un ensemble homogène de onze portraits à la sanguine (dont quatre contre-épreuves) représentant des personnalités du XVe au XVIIe siècle. Provenant du fonds de l’École de dessin de Reims, ils ont fait partie des saisies révolutionnaires et ont intégré les collections municipales. Attribués sans fondement par Charles Loriquet à Jean-Baptiste Corneille (1649-1695), ils ont été réattribués par Marie-Catherine Massé à un artiste anonyme français du XVIIIe siècle, d’après des gravures du XVIIe siècle [1].

Le rapprochement avec les estampes tirées de ces dessins permet d’en identifier l’auteur et d’en connaître précisément le contexte de création. Ces portraits, commandés par le collectionneur Roger-François de Gaignières au dessinateur et graveur Louis Boudan entre 1709 et 1715, à partir des portraits peints et dessinés de sa collection, constituent trois séries distinctes dont la plus importante, consacrée aux grands officiers de la marine, fait directement écho au projet d’une galerie des amiraux mise en place dans l’hôtel du comte de Toulouse à Paris quelques années plus tard.

Le corpus des portraits du musée des Beaux-Arts de Reims

Le fonds du musée des Beaux-Arts compte 11 portraits représentant dix personnalités, réalisés à la sanguine sur papier vergé :

  1. René, duc d’Anjou (1409-1480) - Dessin, inv. 795.1.3810
  2. Charles II d’Amboise, seigneur de Chaumont (1473-1511) - Contre-épreuve, inv. 795.1.3811
  3. Guillaume Gouffier, seigneur de Bonnivet (1481-1525) - identifié à tort comme Louis II de la Trémoille - Dessin, inv. 795.1.3812
  4. Jean II Le Fèvre, seigneur de Caumartin (+ 1579) - identifié à tort comme Guillaume Gouffier - Dessin, inv. 795.1.3813
  5. Antoine de Brichanteau, marquis de Nangis (1552-1617) - Dessin et contre-épreuve, inv. 795.1.3816 et 795.1.4299
  6. Jean-Louis de Nogaret, duc d’Epernon (1554-1642) - Dessin, inv. 795.1.3815
  7. Anne, duc de Joyeuse (1560-1587) - Dessin, inv. 795.1.3814
  8. Charles de Gontaut, duc de Biron (1562-1602) - Contre-épreuve, inv. 795.1.3817
  9. Charles de Lorraine, duc de Guise (1571-1640) - identifié à tort comme Charles de Montmorency-Damville - Contre-épreuve, inv. 795.1.3818
  10. Armand-Jean du Plessis, cardinal de Richelieu (1585-1642) – Dessin, inv. 795.1.3819

Ces portraits ont tous été découpés et collés en plein sur papier vergé, contrecollé sur papier bleu (Fig. 1). Deux autres portraits dessinés de la même série ayant conservé leur bordure, à la Bibliothèque nationale de France et en collection privée, montrent que les dessins avaient été initialement réalisés dans un cadre gravé, identique à celui des estampes finales (Fig. 2) [2]. Tous ces portraits ont donné lieu à des gravures, les estampes correspondantes étant connues [3].
Parmi les portraits conservés par le musée des Beaux-Arts, seule l’estampe de Jean II Le Fèvre de Caumartin porte la signature de son auteur, Louis Boudan (L. Boudan Sculpsit).

L’auteur des portraits : Louis Boudan, dessinateur et graveur

La vie de Louis Boudan est assez mal connue : il serait le fils d’Alexandre Boudan, graveur et marchand d’estampes rue Saint-Jacques à Paris [4]. Le collectionneur Roger de Gaignières se serait adjoint ses services vers 1670, d’après Henri Bouchot [5] : il est effectivement en activité durant cette décennie, puisqu’il est qualifié « graveur en taille douce » lorsqu’il assiste à un mariage en juillet 1674 [6].

Résidant lui aussi rue Saint-Jacques, ses deux enfants, issus de son mariage avec Marguerite Bertrand, sont baptisés dans la paroisse Saint-Benoît, en juin 1687 et octobre 1688 [7]. Il y est toujours en février 1715, qualifié « graveur et dessinateur à Paris, demeurant rue Saint-Jacques, paroisse Saint-Benoît » [8].
Une lettre adressée par Gaignières à un correspondant de Beauvais signale les difficultés de santé rencontrées par Boudan, en les exagérant peut-être pour mieux l’excuser, vers 1693 :

Pour le sieur Boudan dont vous me parlez, il ne manque pas de bonne volonté. […] Vous sçaurez qu’après mes voyages où il avoit fatigué, iI a esté malade et a eu depuis une fluxion sur les yeux, si grande que l’on croioit qu’il les perdroit. Il luy en est resté une telle foiblesse qu’il ne peut graver, la veue fatiguant beaucoup plus que pour dessiner. […] Il y perd assez, le pauvre garson, car mesme ce que je luy fais dessiner n’est plus comme il estoit [9].

En dehors des très nombreux dessins réalisés pour le compte de Gaignières, dont il fut le dessinateur attitré pendant plusieurs décennies, et qui lui ont valu de passer à la postérité, on lui connaît un nombre assez réduit de gravures : la liste la plus complète est fournie par Roger-Armand Weigert, identifiant 58 gravures dont 27 portraits de la série qui nous occupe [10]. Trois portraits complémentaires peuvent y être ajoutés, ignorés de cet auteur [11].

La commande et le commanditaire : François Roger de Gaignières

Gaignières (1642-1715), grand collectionneur sous le règne de Louis XIV, est surtout connu pour les milliers de dessins de villes, monuments et tombeaux qu’il fit réaliser lors de ses voyages à travers le royaume, préfigurant un inventaire des richesses artistiques de la France [12]. Pour conduire cette entreprise considérable sur plusieurs décennies, il mobilisa les services de son valet capable de lire les documents anciens, Barthélémy Rémy et ceux du dessinateur Louis Boudan. On conserve par chance le contrat, passé le 1er avril 1709 avec ce dernier, dont une partie se rapporte directement à la réalisation de ces portraits gravés :

À l’égard des portraits que je grave d’après les tableaux de M. de Gaignières pour luy, nous sommes convenus qu’il m’en donnera vingt livres pour chacun, et me donnera de sa main l’escrit pour mettre au bas, et les armes ainsi qu’il voudra, soit que je les grave en sa maison ou dehors chez luy, prévoyant qu’il pourroit avoir affaire de mon logement pour sa Bibliothèque ou pour bastir une seconde gallerie, dont il m’indemnisera à cent livres par an, ainsi qu’il a fait par le passé à l’hostel de Guise. Fait le jour et an que cy dessus. L. Boudan [13].

Ce contrat confirme le mode opératoire de la création de ces portraits : Louis Boudan prenait pour modèles les portraits peints que lui désignait Gaignières dans sa collection (qui comptait au moins 1043 peintures, essentiellement des portraits).
Il en proposait, dans une bordure gravée au format final, un projet à la sanguine qu’il faisait valider à Gaignières, lequel lui fournissait ensuite les armoiries – seulement esquissées dans les dessins de Boudan – ainsi qu’un texte de quatre lignes.
Louis Boudan en réalisait une contre-épreuve, à titre d’archive ou pour s’aider dans la gravure qu’il réalisait finalement (Fig.3 à 6) [14].
Même s’il est possible que la réalisation de certains portraits ait débuté avant la passation de ce nouveau contrat, celui-ci constitue un jalon précieux pour situer leur production vers la fin de la vie de Gaignières, autour de 1709 et jusqu’à son décès en 1715. L’étude de l’ensemble des portraits qui nous sont parvenus permet de mieux saisir l’intention du commanditaire, au moins pour la série quantitativement la plus importante, celle des grands officiers de la Marine.

Typologie des portraits gravés par Louis Boudan

L’ensemble, strictement identique sur la forme, comprend à ce jour 29 portraits. On y distingue trois ensembles inégaux : un premier composé de 23 portraits de grands officiers de la marine, un second de 4 membres de la famille Le Fèvre de Caumartin, et un dernier de 2 membres de la famille d’Anjou.

Les portraits de la famille d’Anjou

Les portraits de Louis II d’Anjou et de son petit-fils René d’Anjou, qui ne furent pas grands officiers de marine, doivent être envisagés comme un premier ensemble dont la modestie ne permet pas de comprendre l’intention : constituaient-ils le début d’une nouvelle série interrompue par la mort de Gaignières, consacrée à la maison d’Anjou, aux comtes de Provence ou aux ancêtres de la maison de Lorraine ? Quoi qu’il en soit on relève la préoccupation, commune à l’ensemble de la série, de se fonder sur des portraits historiques existants. Ces deux représentations s’inspirent de portraits réalistes connus pour ces deux princes, le portrait dessiné de Louis II d’Anjou attribué à Barthélémy d’Eyck, conservé à la Bibliothèque nationale de France, et le portrait peint de René d’Anjou par Nicolas Froment sur le diptyque des Matheron conservé au Musée du Louvre. Gaignières possédait des copies de ces deux portraits dans sa collection, qui servirent certainement de modèles à Louis Boudan [15].

Les portraits de la famille Le Fèvre de Caumartin

Les quatre estampes des Caumartin se distinguent d’abord par la présence de la signature de Louis Boudan en marge inférieure gauche, contrairement aux deux autres ensembles, non signés. Il s’agit d’une commande spécifique, peut-être faite par Gaignières à Boudan pour les offrir à Louis-Urbain Le Fèvre de Caumartin (+ 1720) avec lequel il était en relation, ou commandée par ce dernier. Outre la correspondance érudite qu’entretenait Gaignières avec le père de celui-ci (Louis-François Le Fèvre de Caumartin, mort en 1687), le collectionneur fit réaliser par Boudan plusieurs vues des deux châteaux du Fresne et de Jarzay, propriétés des Le Fèvre [16]. Par ailleurs, une mention signale la vente par Gaignières, sur la volonté du roi, de « Vingt-trois grands copies de portraits de Rois, Reines et Dames » à Louis-Urbain Le Fèvre de Caumartin, livrés le 31 mai 1715 moyennant 30 livres le portrait [17]. Louis-Urbain était aussi un collectionneur réputé, dont Gaignières a reproduit plusieurs objets de son cabinet [18]. Les quatre portraits gravés sont respectivement ceux de ses deux grands-oncles, de son arrière-grand-père, et du père de celui-ci. On peut penser que certains au moins des portraits ayant servi de modèles aux gravures étaient possédés par Gaignières car on sait qu’il avait dans son antichambre, parmi d’autres peintures, deux portraits de « MM. de Caumartin père et fils » [19]. Si des estampes des quatre portraits gravés des Caumartin sont connues, seul le portrait dessiné de Jean II Le Fèvre de Caumartin est actuellement localisé au musée de Reims.

Les portraits des grands officiers de la marine

La série la plus importante et probablement complète est celle des grands officiers de la Marine. Forte de 23 portraits, elle débute avec Charles II d’Amboise, seigneur de Chaumont, amiral de France entre 1508 et 1511, et s’achève avec Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, amiral de France de 1683 à 1737 – c’est-à-dire au moment de la réalisation de cette série [20]. Aux 18 personnalités qui portèrent le titre d’amiral de France dans cet intervalle, s’ajoutent les 4 qui portèrent le titre de « grand-maître de la navigation de France » qui s’y substitua entre 1626 et 1669, et enfin Charles de Lorraine, duc de Guise, « amiral des mers du Levant » de 1594 à 1631. On note en revanche l’absence de la reine Anne d’Autriche qui occupa la fonction de grand-maître de la navigation entre 1646 et 1650.

Le fait que cette série débute avec Charles II d’Amboise n’est pas surprenant, considérant l’attention visiblement portée par Gaignières à l’existence d’un portrait « réaliste » pour servir de source à tous ceux qu’il a fait graver par Louis Boudan, à l’instar de ceux de Louis II et de René d’Anjou. La physionomie du prédécesseur de Charles d’Amboise, Louis Malet de Graville, était certes connue par un vitrail des Célestins de Rouen – d’ailleurs dessiné par Boudan pour le collectionneur [21] - mais elle relevait d’une représentation stéréotypée du chevalier et de sa famille. C’est avec Charles d’Amboise qu’une galerie de portraits à prétention de vérité pouvait véritablement débuter.

On observe, sur le cartouche placé sous le portrait de chacun des grands officiers de marine, la présence d’une ancre sous l’écu portant leurs armoiries. Les courts textes composés par Gaignières pour les accompagner font tous état, parmi d’autres titres et charges, de leur fonction à la tête de la Marine, et de leur date de mort.

Les portraits eux-mêmes, tous composés en buste pour une plus grande homogénéité malgré les formats différents des portraits sources, sont aussi unifiés par l’adoption systématique par Louis Boudan de costumes civils, alors que la source figure souvent ces hommes de guerre en armure. Il faut sans doute y voir l’effet du goût pour l’illustration des costumes historiques, Roger de Gaignières ayant fait produire à Louis Boudan une série de plus de 1720 planches de dessins de Modes qui connut un important succès [22].

Une série de portraits liée au projet de galerie des amiraux pour l’hôtel de Toulouse ?

On ne peut qu’être interpelé par la concomitance entre la réalisation de cette série de portraits gravés d’amiraux de France, dont la réalisation est datable, on l’a vu, vers 1709-1715, et le projet de création d’une galerie de portraits des amiraux de France dans l’hôtel parisien de la Vrillière, près de la place des Victoires, acquis par Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse et amiral de France et dont les travaux se déroulèrent probablement entre 1713 et 1719. Comme le souligne Pauline Maroteaux, la collection des portraits de Gaignières fut « si ce n’est l’unique référence iconographique exploitée pour la série des amiraux, de très loin la principale », par l’intermédiaire de Pierre de Clairambault, premier commis du dépôt de la Marine, chargé de cette galerie et qui connaissait parfaitement les collections de Gaignières pour en avoir fait l’inventaire après son acquisition par le roi en 1711 [23].

Gaignières, nécessairement identifié comme une ressource importante au début de ce projet, fut-il sollicité pour préfigurer ce que pourrait être cette galerie de portraits ? Voulut-il en proposer l’aperçu au comte de Toulouse ? Quoi qu’il en soit, les quelques portraits peints de sa collection ayant échappé à la dispersion de 1717 (Fig. 8 et 10) permettent aujourd’hui un rapprochement utile entre les portraits réalisés pour la galerie des amiraux et la série dessinée et gravée par Louis Boudan.

Le parcours des portraits dessinés

Les onze portraits, portant le cachet de l’École de dessin, figurent déjà dans l’inventaire Lelarge dressé en 1770, et peuvent donc être considérés comme provenant de la collection Ferrand de Monthelon, léguée à la ville de Reims en 1752 [24].

Deux possibilités sont alors envisageables :

  • Soit les dessins préparatoires aux gravures ont été conservés par Louis Boudan, et vendus par lui ou ses héritiers.
  • Soit les dessins furent conservés par Gaignières, et ont fait partie des milliers de peintures, dessins et estampes jugés de moindre intérêt et dispersés après sa mort lors d’une vente publique, dans son hôtel de la place des Victoires, le 21 juillet 1717 [25].

Dans les deux cas, on peut penser que ces dessins ont été acquis à Paris lors de cette vente ou ultérieurement par Jacques-Philippe Ferrand avant son décès en 1732, ou par son fils Antoine (1686-1752) à sa suite.

Concordance des dessins, contre-épreuves, estampes et sources iconographiques des portraits du musée des Beaux-Arts de Reims

Les estampes de référence sont celles de la Bibliothèque nationale d’Autriche à Vienne, qui conserve toute la série des portraits consultables en ligne. D’autres exemplaires repérés sont signalés en complément. Les références aux œuvres de la collection Gaignières renvoient à Henri BOUCHOT, Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières et conservés aux Départements des estampes et des manuscrits, 2 vol., Paris, Plon, 1891 ; et à Charles LOIZEAU DE GRANDMAISON, Gaignières, ses correspondants et ses collections de portraits, Niort, Clouzeau, 1892.

PersonnageDessinContre-épreuveEstampeSource iconographique dans la coll. Gaignières
Charles d’Amboise  ? MBA Reims 795.1.3811 B.N. Autriche
PORT_00098486_02
(autre ex. BnF)
Portrait à l’aquarelle non localisé (Bouchot n°806).
Dérivé du portrait par ou d’après Andrea Solario
(Musée du Louvre)
René d’Anjou MBA Reims 795.1.3810  ? B.N. Autriche
PORT_00041088_01
(autre ex. BnF)
Portrait au pastel non localisé
(Grandmaison p.154 n°1).
Dérivé du portrait par Nicolas Froment
sur le diptyque des Matheron
(Musée du Louvre)
Guillaume Gouffier MBA Reims 795.1.3812
(erreur d’att. à Louis II de la Trémoille)
 ? B.N. Autriche
PORT_00071140_01
(autre ex. BnF)
Portrait peint (Musée de Versailles,
3142 – Grandmaison, p.96 n°123)
et portrait au pastel non localisé
(Grandmaison p.70 n°10)
Anne de Joyeuse MBA Reims 795.1.3814  ? B.N. Autriche
PORT_00100418_01
Portrait peint miniature en pied
(Musée Łazienki Królewskie, Varsovie, ŁKr 940).
Boudan en avait aussi fait une copie pour
Gaignières
(BnF RESERVE OA-17-FOL, f°61)
Jean II Le Fèvre de Caumartin MBA Reims 795.1.3813
(erreur d’att. à Guillaume Gouffier)
 ? B.N. Autriche
PORT_00125787_01
(autre ex. Musée Carnavalet)
Peut-être un des deux portraits peints de
« MM. de Caumartin père et fils »
(Bouchot, t.2, p.X)
Antoine de Brichanteau MBA Reims 795.1.3816 MBA Reims 795.1.4299 B.N. Autriche
PORT_00018498_01
Portrait peint non localisé
(Grandmaison, p.114 n°723),
source du portrait réalisé vers 1719-1722 pour
la galerie des amiraux de l’hôtel de Toulouse
(Musée de Versailles 922).
Jean-Louis de Nogaret MBA Reims
795.1.3815
 ? B.N. Autriche
PORT_00103284_01
Portrait peint (Musée de Versailles 3355)
et gravure (BnF Clairambault 1231 f°142
– utilisée pour le portrait d’Anne de Joyeuse…)
Charles de Gontaut  ? MBA Reims 795.1.3817 B.N. Autriche
PORT_00001090_01
Portrait peint (Musée de Versailles 3309).
Gaignières possédait au moins quatre
portraits peints du personnage
(Grandmaison, p.100 n°273 -
celui-ci ; p.114 n°716 ;
p.123 n°1046 et 1047)
Charles de Lorraine Coll. privée MBA Reims 795.1.3818
(erreur d’att. à
Charles de Montmorency-Damville)
B.N. Autriche
PORT_00053568_01
(autre ex. FitzWilliam Museum)
Gravure (BnF, Clairambault 1130).
Dérivé du portrait par Justus Sustermans
(Galerie des Offices, Florence)
Richelieu MBA Reims 795.1.3819  ? B.N. Autriche
PORT_00123385_01
Portrait peint en pied non localisé qui
se trouvait dans la chambre de Gaignières
(Bouchot, t.1, p.IX ; Grandmaison, p.116 n°815).
Un « double ou de peu de valeur » figurait
aussi dans sa collection (Grandmaison
p.122 n°1015),de même qu’une gravure
(BnF Clairambault 1135, f°235)
tous d’après les portraits de
Philippe de Champaigne

Notes

[1Charles LORIQUET, Catalogue historique & descriptif du musée de Reims, Reims, 1881, p.276 ; Marie-Catherine MASSÉ, Collection de dessins au Musée des Beaux-Arts de Reims. Une École de dessins du XVIIIe siècle en Champagne, Paris, 1978, p.168.

[2Portrait de François de Vendôme, duc de Beaufort, conservé à la BnF (Damien CHANTRENNE et al. « Anonymes », dans Barbara BREJON DE LAVERGNEE (éd.), Dessins français du XVIIe siècle, Éditions de la BnF, 2014, n°427) ; portrait de Charles de Lorraine, duc de Guise (Vente galerie Bassenge, Berlin, 27/11/2020, n°6623).

[3La série complète est conservée à la Bibliothèque nationale d’Autriche à Vienne et mise en ligne, mais pas liée comme un ensemble. Exemple d’une notice : http://data.onb.ac.at/rec/baa3883248

[4Maxime PREAUD, « D’Alexandre Boudan à Etienne Gantrel : heurs et malheurs d’une dynastie de graveurs et éditeurs au XVIIe siècle », in Jérôme de LA GORCE, Françoise LEVAILLANT, Alain MEROT (dir.), La Condition sociale de l’artiste, XVIe-XXe- siècle : actes du colloque du Groupe des chercheurs en histoire moderne et contemporaine du C.N.R.S., 12 octobre 1985, Université de Saint-Etienne, 1987, p.29-31.

[5Henri BOUCHOT, Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières et conservés aux Départements des estampes et des manuscrits, t.1, Paris, Plon, 1891, p.V

[6Eugène PIOT, État civil de quelques artistes français : extrait des registres des paroisses des anciennes archives de la Ville de Paris, Paris, Pagnerre, 1873, p.51.

[7Georges DUPLESSIS, « Roger de Gaignières et ses collections iconographiques », Gazette des Beaux-Arts, Paris, 1870, p.470-471.

[8Georges DUPLESSIS, « Inventaire des collections et testament de Roger de Gaignières (1716) », Nouvelles archives de l’art français, Paris, Société de l’histoire de l’art français, 1875, p.278.

[9Henri de FLAMARE, « Gaignières et son dessinateur », Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, t.47, 1886, p.342.

[10Roger-Armand WEIGERT, Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIe siècle, t.I, Paris, Bibliothèque nationale, 1939, p.549-555

[11Ceux de Claude d’Annebault, Armand de Gontaut-Biron et Armand de Maillé-Brézé.

[12Anne RITZ-GUILBERT, La collection Gaignières. Un inventaire du royaume au XVIIe siècle, Paris, CNRS Editions, 2016.

[13Georges DUPLESSIS, « Roger de Gaignières et ses collections iconographiques », op. cit., p.7.

[14Sarah CATALA, « Les usages de la contre-épreuve dans le dessin français au XVIIIe siècle », Cahiers d’Histoire de l’Art, 2015, n°13, p.35-43.

[15Henri BOUCHOT, op. cit., t.2 n°1299 ; Pierre-Charles-Arnaud LOIZEAU DE GRANDMAISON, « Gaignières, ses correspondants et ses collections de portraits [troisième article]. Appendice », Bibliothèque de l’école des chartes, 1892, t.53. p.74.

[17Pierre-Charles-Arnaud LOIZEAU DE GRANDMAISON, op. cit., p.29.

[19Henri BOUCHOT, op. cit., t.2, p.X

[20Bibliothèque nationale d’Autriche, PORT_00098486_02 et PORT_00040265_01

[21Bibliothèque nationale de France, RESERVE PE-8-FOL (f°27)

[22« Elles représentent des portraits de personnages historiques en buste ou en pied, vêtus de costumes témoignant de leur fonction et de leur statut. Classés chronologiquement par règne pour la France - de Clovis à Louis XIV - ou topographiquement par pays, les rois, reines, princes de sang, grands prélats et aristocrates y côtoient le chanoine ordinaire, le bourgeois ou le laboureur. Les légendes identifient les personnages et signalent les monuments d’où Louis Boudan les a extraits » (Base Collecta).

[23Pauline MAROTEAUX, « La genèse d’une galerie de portraits historiques : l’exemple de la série des amiraux de France », et « Catalogue de la série de portraits des amiraux de France conservés au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles [En ligne], Articles et études, mis en ligne le 07 juillet 2023, DOI : https://doi.org/10.4000/crcv.26920 et https://doi.org/10.4000/crcv.28096

[24Inventaire des tableaux qui sont dans l’École du dessein de la ville de Rheims par numéro avec le sceau aposé a costé fait par moi Lelarge conseiller échevin et commissaire nommé du conseil à cet effet et finit en janvier Mil Sept cent soixante et dix, cahier manuscrit, Archives municipales et communautaires de Reims, FAR692, p.10, alinéa V : « Portraits d’empereurs romains aux crayons rouge sur papier blanc, et douze portraits des amiraux de France… ».

[25Anne RITZ-GUILBERT, op. cit. p.74.