Musée des Beaux-Arts

Musée des Beaux-Arts

Un voyage de cinq siècles à travers l’art français et européen, de la Renaissance à l’Art Déco en passant par la peinture du Grand Siècle, l’Impressionnisme et l’œuvre inclassable de l’artiste franco-japonais Léonard Foujita.

Installé dans les bâtiments de l’ancienne abbaye Saint-Denis, le musée des Beaux-Arts conserve une prestigieuse collection et propose aux visiteurs une belle sélection de ses chefs-d’œuvre : près de 230 œuvres invitent à un voyage de cinq siècles à travers l’art français et européen, de la Renaissance à l’Art déco en passant par la peinture du Grand Siècle, l’impressionnisme et l’œuvre inclassable de l’artiste franco-japonais Léonard Foujita. Plus d’une centaine de céramiques sont également exposées. Dans la perspective de sa prochaine rénovation, le musée propose plusieurs fois par an de petites expositions thématiques permettant de faire découvrir aux visiteurs des œuvres tirées de ses importantes collections conservées en réserves.

Constituée en 1794 à partir des saisies révolutionnaires, la collection du musée s’est enrichie au cours des siècles par des dons et legs de collectionneurs privés, dépôts de l’Etat et achats de la Ville.
Pour valoriser le legs d’Henry Vasnier (1907), la Ville acquiert, en 1908, le Grand Séminaire désaffecté, installé dans les bâtiments de l’ancienne abbaye Saint-Denis et, après travaux, y transfère le musée en 1913. C’est cet emplacement qu’il occupe encore aujourd’hui et qui correspond en partie au palais abbatial du XVIIIe siècle, remanié au XIXe siècle.
En attendant la rénovation et la restructuration in situ, un accrochage des oeuvres majeures de sa collection est proposé.

Les collections
Après un escalier d’honneur consacré au peintre rémois Jean Hélart, voici les temps forts de l’accrochage chronologique du XVIe au XXIe siècle

Au premier étage du musée

Salle Monthelon

Autour de la Renaissance
Les oeuvres de cette section illustrent les grandes tendances du XVIe siècle : un ensemble de peintures religieuses, trois tableaux sur le thème de saint Jérôme — un de Marinus Van Roejmerswaelen et deux autres d’anonymes flamands ; un polyptyque, daté vers 1520, Vie et Passion de Jésus-Christ, attribué à un anonyme flamand, mérite d’être observé pour sa qualité d’exécution et sa riche iconographie. Des tableaux profanes montrent la place de l’humain dans la société de la Renaissance, en France et en Italie, avec des portraits peints par Georges Boba et Giovanni-Battista Moroni

Apollon et le char du soleil avec l’assemblée des Dieux, Jean-Baptiste Jouvenet

Le Grand Siècle
La salle s’organise en trois espaces :

  • Une galerie de portraits français et hollandais se répartit autour de Louis XIV à cheval, atelier de Pierre Mignard, mais aussi des Enfants Habert de Montmor de Philippe de Champaigne et de Fillette aux paons de Melchior Hondecoeter.
  • Des peintures d’histoire, religieuses et mythologiques françaises, permettent d’aborder le style baroque avec Simon Vouet L’Assomption de la Vierge, ou encore Jean-Baptiste Jouvenet Apollon et le char du Soleil ; et le style classique avec les paysages historiques à caractère religieux de Laurent de La Hyre ou celui d’après Nicolas Poussin.
  • Les peintures réalistes françaises avec des toiles des Frères Le Nain, dont l’un de leurs chefs-d’oeuvre est Vénus dans la forge de Vulcain, font pendant à celles des artistes des Ecoles du Nord : Roelandt Savery, Noé remerciant Dieu d’avoir sauvé la création, Daniel de Blieck, Intérieur d’église, Simon Verelst, Bouquet de fleurs, pour l’école hollandaise, et pour l’école flamande : des oeuvres orientées vers les thèmes mythologiques comme Le Satyre chez le paysan de David Ryckaert, ou religieux comme La Descente de croix de Peter Van Mol.

Salle Diancourt

Au Siècle des Lumières
La salle s’ouvre — pour le néoclassicisme — par Le Gladiateur d’Aimable Pagest, élève de Jacques-Louis David, dont la célèbre réplique de La Mort de Marat est partie au Japon pour une exposition. Les Filles de Pélias demandant à Médée le rajeunissement de leur père par Charles-Edouard Chaise complète les grandes caractéristiques du style néoclassique.
Ensuite les arts décoratifs évoquent l’art de vivre au XVIIIe siècle, avec une commode à secrets de Jean Saddon et surtout l’exceptionnelle collection de céramiques de Jeanne-Alexandrine Pommery.
Cet art décoratif très rococo trouve son pendant pictural avec le tableau libertin de François Boucher, L’Odalisque, illustrant bien le thème de la femme sous le règne de Louis XV ; la femme artiste est présente également avec Nature morte au lièvre d’Anne Vallayer-Coster.

Taureau en courroux dit aussi Taureau en courroux. Robe blanche et noire, Jacques-Raymond Brascassat

De Corot à Lhermitte
Le musée possède un ensemble exceptionnel d’oeuvres de Jean-Baptiste Camille Corot — vingt-six paysages et un portrait — le plus riche ensemble en Europe conservé dans un musée après celui du Louvre. Ce fonds, connu par les spécialistes à un niveau international, offre un panorama complet de sa démarche artistique. À partir de septembre 2017, ces oeuvres ainsi qu’une sélection d’autres chefs-d’oeuvre vont voyager en Allemagne et aux États-Unis afin de présenter la richesse des collections rémoises, en attendant la rénovation et la restructuration du musée in situ. Cette section remaniée illustre elle aussi la question du paysage à travers l’École de Barbizon représentée par Théodore Rousseau et Narcisse Diaz de La Peña, avec un focus sur Jacques-Raymond Brascassat, lequel peint la nature avec autant de précision qu’il représente les animaux ayant fait sa célébrité. Un mur consacré à son oeuvre rend compte d’une petite partie du fonds, composé de près de neuf cent cinquante pièces, léguées par Hugues Krafft, créateur du musée Le Vergeur de Reims, dont le père était proche de cet artiste.

Dans la salle suivante, la place du paysage au XIXe siècle est importante. Ce genre parvient à son apogée avec les artistes impressionnistes, dont sont montrés quelques chefs-d’oeuvre, représentations urbaines ou rurales, de Claude Monet à Camille Pissarro en passant par d’autres peintures lumineuses d’Henri Martin ou Jean-François Raffaëlli.
Le parcours se poursuit par une évocation des facettes vécues ou rêvées de l’orientalisme avec Eugène Fromentin ou Etienne Dinet et se termine par un choix de quelques scènes de genre naturalistes de grands formats dont le célèbre Le Vin de Léon Lhermitte. Leur troublante véracité s’oppose radicalement aux premières oeuvres exposées, romantiques, avec leurs scènes dramatiques et théâtrales.
Entre réalité et fiction, les personnalités d’Eugène Delacroix et d’Ary Scheffer sont remises à l’honneur.

Salle Jamot

Le temps de la modernité : de Renoir à Foujita

Les débuts de la modernité
Autour de l’oeuvre de Paul Gauguin Nature morte aux pommes, des tableaux des artistes de Pont-Aven et des Nabis, avec leurs grands aplats colorés, telle La Plage rouge de Maurice Denis, montrent l’évolution des avant-gardes à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

La Plage rouge, Maurice Denis

Les oeuvres d’Aristide Maillol et de Paul Sérusier témoignent de cet esthétique post et néo-impressionniste. A noter aussi les débuts du fauvisme avec les artistes Albert Marquet et Charles Camoin, et le mouvement cubiste avec Louis Marcoussis et André Lhote.

Le Grand Jeu et le Surréalisme
Ces deux mouvements sont mis à l’honneur dans cet espace.
En 1924, quatre lycéens rémois — Roger Gilbert-Lecomte, René Daumal, Roger Vailland et Robert Meyrat — s’engagent dans une aventure cosmique, initiatique et rimbaldienne et forment le groupe des « Phrères simplistes ». Pour continuer leurs études Daumal et Vailland vont à Paris ; ils fréquentent les Surréalistes et rencontrent Maurice Henry, Artür Harfaux, le tchèque Richard Weiner et son compatriote, le peintre Joseph Sima. C’est dans l’atelier de ce dernier que le Grand Jeu se structure. Les portraits de Sima expriment sa fascination pour l’inconscient, ses paysages montrent son amour pour la lumière éblouissante et le sens du sacré, qui s’imposent avec la création des vitraux de l’église Saint-Jacques à Reims, évoqués ici par une maquette grandeur nature.

Foujita, une collection exceptionnelle à Reims
En 2013-2014, les héritiers de Kimiyo Foujita ont donné au musée plus de 2300 pièces, oeuvres et documents, provenant de l’atelier du peintre. Cette donation est venue considérablement enrichir le fonds d’oeuvres de cet artiste déjà conservé à Reims. Référence incontournable pour évoquer Léonard Foujita, cette collection se révèle ici par quelques oeuvres majeures, dont L’Apocalypse, évoquant notamment sa quête spirituelle qui le mène, en 1959, à son baptême à Reims et à la réalisation de sa chapelle, dédiée à Notre-Dame-de-la-Paix.

Salle Kasparek

De l’Abstraction à la lumière
L’abstraction est bien représentée avec Léon Zack, Raoul Ubac, Serge Charchoune... L’aspect lyrique, de plus en plus épuré voire spirituel de ce mouvement, se remarque aussi avec les oeuvres de Geneviève Asse ou Maria Helena Vieira da Silva. Grâce notamment aux oeuvres de Simone Boisecq, avec son langage personnel et complexe, souvent peuplé de figures mythologiques et primitives, la sculpture de la seconde moitié du XXe siècle est bien représentée.
La collaboration de l’atelier des maîtres verriers Simon-Marq, de Reims, abordée dans les années cinquante avec des artistes contemporains, se poursuit aujourd’hui. En 2011, il réalise les vitraux d’Imi Knoebel pour la cathédrale de Reims, mais aussi un exemplaire pour le musée, que l’on peut admirer ici.

Palier : Espace Vitrail
Au cours des XXe et XXIe siècles, l’art contemporain finit par se faire admettre dans le cercle clos de l’art sacré ; la collaboration des maîtres verriers avec les peintres se développe. Dans la collection des arts décoratifs du musée des Beaux-Arts, le vitrail occupe une place importante. Ces vitraux illustrent quelques moments clefs de l’histoire du vitrail moderne et contemporain comme le renouveau de l’art sacré avec Georges Rouault et l’abstraction avec Alfred Manessier, l’un des premiers à réaliser des vitraux non figuratifs.

Au rez-de-chaussée

Salle Gérard

De l’Art Nouveau à l’Art Déco

Chambre coucher aux dahlias, Émile Gallé

À la suite de la Grande Guerre, les artistes français représentatifs de l’Art Nouveau et de l’Art Déco, illustrant la richesse et la variété des arts décoratifs, trouvent place à Reims. Le musée s’est ainsi constitué un riche fonds de ces deux styles.

Les oeuvres témoignent de l’importance de la fusion des arts qui s’est développée à la fin du XIXe siècle et imposée dans l’entre-deux-guerres. Artistes et artisans travaillent alors ensemble les matériaux les plus divers : céramique, émail, bois, verre, métal, textile, stuc ou pierre...
Le premier espace évoque l’esprit d’une chambre Art Nouveau, avec des oeuvres d’Émile Gallé. Les arabesques et les lignes sinueuses de ses oeuvres, inspirées directement des formes de la nature, s’associent ici aux matières et couleurs chaudes de bois variés.

La présentation restitue ensuite la variété des styles de l’Art Déco (style floral, goût cubiste, modernisme) avec des oeuvres de Jean Dunand, Jean Goulden, Michel Dufet, Charlotte Perriand..., et les matériaux rares et précieux ou faits de matières nouvelles introduites dans l’art par le biais de l’industrie.
En fin de parcours, deux espaces aménagés autour de pièces de Léon et Maurice Jallot, et d’Henri Rapin, rappellent l’idée de la fusion des Arts au cours des Années folles.

Salles d’exposition temporaire

Des expositions thématiques "Regard sur..." sont régulièrement proposées à partir des collections en réserves ou de prêts de musées partenaires.

Légendes des visuels : Jean-Baptiste Jouvenet (1644-1717), Apollon et le char du soleil avec l’assemblée des Dieux, dépôt de l‘État, Inv. D. 872.2.2 ; Jacques-Raymond Brascassat (1804-1867), Taureau en courroux dit aussi Taureau en courroux. Robe blanche et noire, Inv. 936.15.23 ; Félix Ziem (1821-1911), Le Bosphore, Inv. 907.19.249 ; Maurice Denis (1870-1943), La Plage rouge, Inv. 949.1.75 ; Émile Gallé (1846 - 1904) chambre coucher aux dahlias Pour tous ces visuels : © MBA Reims 2017/photo C.Devleeschauwer. septembre 2017

Le Trésor – Espace du projet du futur musée des Beaux-Arts

Aménagé dans le Trésor, espace d’information culturelle de la Ville de Reims au pied de la cathédrale, l’espace du projet invite à découvrir une installation interactive immersive pour prendre la pleine mesure des trésors que recèle le musée des Beaux-Arts. Au programme : un grand écran pour une projection poétique d’œuvres du musée, la diffusion de six émissions D’Art D’Art de Frédéric Taddéï, présentant les œuvres des collections, deux grandes bornes tactiles - l’une sur l’histoire du musée, l’autre sur l’artiste Foujita. La technologie Li-Fi, appelée à se développer au musée comme à Reims, fera une 1re apparition. Les contenus de ce parcours évolueront au fur et à mesure de l’avancée du projet d’ampleur porté par la ville de Reims. Car il s’agit bien avec le futur musée des Beaux-Arts de mettre en lumière le riche passé de l’édifice actuel datant principalement du XVIIIe siècle, de rendre visibles des collections reconnues à l’international, d’occuper une place de premier plan en France avec un accompagnement innovant du public pour la découverte des œuvres. Sans oublier le souhait d’un geste architectural fort pour faire entrer totalement le futur musée dans le XXIe siècle.

Horaires d’ouverture
Tous les jours de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h
Fermé le mardi et les 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre.

MUSÉE DES BEAUX-ARTS
8 rue Chanzy - 51100 Reims
Tél. standard : 03 26 35 36 00

Pour venir au musée
En bus - lignes 2, 4 et 5 - arrêt Opéra
En tram - lignes A et B - arrêt Opéra

Plein tarif
5 € : musée des Beaux-Arts et Chapelle Foujita
5 € : musée Saint-Remi
5 € : musée du Fort de la Pompelle
5 € : musée de la Reddition

Réduction
3 € : tarif réduit 18 / 25 ans et + 65 ans
3 € : tarif groupe à partir de 20 personnes

Gratuit pour
Étudiants -25 ans (sur présentation de la carte), jeunes de -18 ans, handicapés et accompagnants, jeunes mission locale, demandeurs d’emploi, titulaires du RSA, carte ICOM.

Activités
5 € : musique au musée concert-professeurs
4 € : visite guidée (en plus du billet d’entrée)
4 € : spectacles pour adultes
4 € : ateliers pour adultes
2 € : spectacles et ateliers, pour enfants à partir de 5 ans jusqu’à 18 ans
Gratuit pour les moins de 5 ans

Tarifs scolaires
25 € : classe hors Reims, en visite libre
40 € : classe hors Reims, en visite accompagnée

Pass Musées
20 € : pass intermusées (entrées illimitées pour les cinq musées municipaux)
25 € : pass fidélité du musée des Beaux-Arts (gratuité musée + expositions + toutes les actions du musée), valable un an à partir de la date d’achat

Voix-Off
Balise sonore pour personnes mal-voyantes et non voyantes
Visio-guide en Langue des Signes Française (L.S.F)
Visio guide pour déficients auditifs
Accès limité au rez-de-chaussée

L'agenda

le 18/10
dans 3 semaines
Visite guidée

Si Foujita m’était conté II

En savoir plus

Les oeuvres majeures