Métamorphoses de l’art français au XVIIIe siècle : de la rocaille au néoclassicisme au Conservatoire

Musée des Beaux-Arts

Métamorphoses de l’art français au XVIIIe siècle : de la rocaille au néoclassicisme au Conservatoire

Echange / Conférence
le lundi 04 janvier 2021

Cours de l'École du Louvre

Par Sébastien Bontemps, docteur en histoire de l’art, chargé de cours, École du Louvre.

À la mort de Louis XIV, l’engouement pour la couleur contribue à la métamorphose de la peinture qui s’adapte au goût aimable de la rocaille. La fête galante et la pastorale déploient une sensualité toute moderne, dont témoigne le fameux tableau, Odalisque de François Boucher conservé au Musée des Beaux-Arts de Reims. La peinture devient une pratique bien plus hédoniste qu’auparavant

Mais le renouveau du goût pour l’antiquité au milieu du siècle bouleverse et métamorphose à nouveau le cours de l’inspiration artistique. La recherche du Beau idéal s’affirme alors contre les caprices de l’art rocaille et une peinture jugée pervertie. Grâce à la diffusion des découvertes archéologiques, la mode antique, ou anticomanie, se décline désormais « à la grecque » ou en « style pompéien », qui cohabitent avec des thématiques centrées sur l’homme et sur la nature.

Cependant, rocaille ou néoclassique, la peinture convoque tout autant l’artifice, l’imaginaire, la recherche de l’effet et la virtuosité. L’art français veut renouer avec le « grand genre » de la peinture d’histoire sous Louis XIV. Il s’oriente vers une austérité d’une noble et grave simplicité qui se manifeste dans un néoclassicisme héroïque et dépouillé, qu’incarne magnifiquement la Mort de Marat de David, également conservé au Musée des Beaux-Arts de Reims.

Ce néoclassicisme au service d’une peinture moralisatrice oriente la fin du siècle vers de nouvelles formes d’art qui porte déjà en germe le romantisme du siècle suivant.

En lien avec l’exposition du Musée des Beaux-Arts de Reims montrée au musée le Vergeur (https://bit.ly/34jGp4Z ) consacrée au peintre rémois Lié Louis Périn-Salbreux (1753-1817), ce cycle propose de parcourir les différentes métamorphoses de l’art français au XVIIIe siècle, et plus particulièrement de la peinture, de François Boucher à Jacques-Louis David, de la rocaille au néoclassicisme, où s’accordent et s’opposent tour à tour, l’homme, la nature et la raison.

Cycle thématique de 5 séances :

- Lundi 4 janvier 2021: Boucher et les peintres des fêtes galantes.
- Lundi 11 janvier 2021: Le modèle antique renouvelé : naissance de l’anticomanie.
- Lundi 1er février 2021: « Ut pictora hortus » : du naturel au sublime.
- Lundi 15 février 2021 « Exemplum virtutis » : raison et sentiment.
- Lundi 8 mars 2021 Le triomphe de David : du néoclassicisme au préromantisme.