Regard sur... Le portrait au siècle de Colbert

Musée des Beaux-Arts

Regard sur... Le portrait au siècle de Colbert

Exposition
du vendredi 21 juin au dimanche 22 septembre 2019

Transmettre son image, affirmer sa position sociale, servir d’outil de propagande : le portrait au XVIIe siècle joue un rôle important dans la société. En cette année où nous célébrons le 400ème anniversaire de Jean-Baptiste Colbert, né le 29 août 1619 à Reims, l’exposition propose un regard, non seulement sur le siècle de Colbert à travers la diversité de la production artistique française du XVIIe siècle, mais aussi sur la diffusion d’un modèle au-delà de son époque, à travers des œuvres souvent peu montrées, méconnues ou rares.

Ainsi, pour la première fois au musée, l’art de la médaille est illustré avec quelques pièces à l’effigie de Louis XIV. C’est sous son règne que le portrait prospère, servant la gloire du roi mais aussi celle de ses serviteurs. A ce titre, un ensemble exceptionnel de portraits de Charles Le Brun est présenté. Robert Nanteuil, l’autre portraitiste incontournable du Grand Siècle, né à Reims, est particulièrement à l’honneur avec ses pastels et ses gravures. Avec d’autres, il participe à la vivacité et à la renommée de l’estampe française en Europe. En plus de leur raffinement technique, ces œuvres soulignent l’importance du pouvoir de l’image et de sa diffusion. En dehors de Colbert lui-même et de ses nombreux portraits, elles nous mettent sur la trace d’hommes influents aussi bien dans le domaine des arts - dont le ministre est le protecteur - que dans celui des lois, de la guerre ou de la religion. Autant d’individus que de personnalités à déchiffrer derrière ces estampes. Deux siècles plus tard, la mémoire et l’image du puissant réformateur Colbert se déclinent à nouveau, à Reims en particulier. Des œuvres de la bibliothèque municipale et du musée Le Vergeur contribuent à enrichir ce propos.

Portraits en buste, portraits en pied, portraits de profil ou portraits allégoriques, portraits individuels ou collectifs, en couleurs ou en noir blanc, la figure humaine est au centre d’un travail d’observation et de codes qu’il nous faut redécouvrir. Cette lecture attentive de la représentation du visage et du corps nous interpelle encore. Elle nous renvoie à nos propres images, celles du temps passé ou des selfies et autres photographies instantanées d’aujourd’hui. Portraits d’anonymes ou du genre humain ?

Charles LE BRUN (Paris, 1619-1690), Israël Silvestre, XVIIe siècle, pastel sec sur papier chiffon à la forme © MBA Reims 2019 / Photo Christian DEVLEESCHAUWER