Recherche & Étude

L’école de dessin de Reims au XVIIIe siècle

La ville de Reims est intimement liée à l’histoire des écoles de dessin qui se développèrent dans toute la France à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Fondée en 1748, l’école de dessin de Reims fut l’une des premières écoles de ce type fondée en France, où l’on en recense une soixantaine.
À la différence de ses devancières (Toulouse, Bordeaux et Rouen), l’école de Reims se singularisait par l’absence d’enseignement du dessin académique, c’est-à-dire d’après le modèle vivant. Cette particularité est à mettre en relation avec les aspirations économiques des notables locaux qui la fondèrent et avec les théories pédagogiques chères à son premier professeur de dessin, Antoine Ferrand de Monthelon (1686-1752). Pour les uns comme pour l’autre, l’enseignement du dessin était surtout destiné à former une main-d’œuvre propre à améliorer la qualité de la production des manufactures locales.
Avant la nomination de Ferrand de Monthelon, Jean-Baptiste Descamps (1714-1791), lui aussi théoricien de l’enseignement du dessin et fondateur de l’école de Rouen, refusa cette place parce que l’absence de modèle vivant ne permettait pas de former des peintres d’histoire. En revanche, l’école dispensait des leçons de dessin à des artistes qui pouvaient ensuite poursuivre leur formation à Paris, à l’instar du portraitiste Lié-Louis Périn-Salbreux (1753-1817).
L’école de dessin de Reims se caractérisait aussi par la richesse de son matériel pédagogique (plus de 8000 œuvres issues de la collection Monthelon). Le rôle pionnier joué par Reims dans le développement des autres écoles reste à définir, de même que l’impact de son enseignement sur les beaux-arts, l’artisanat ou encore des manifestations exceptionnelles comme la cérémonie du sacre (1775).

Maël Tauziède-Espariat
Université de Bourgogne CNRS UMR 7366,
auteur d’une thèse en histoire de l’art sur les modes de reconnaissance artistique en dehors de l’Académie royale au XVIIIe siècle.



L’archéologie du bâti de l’abbaye Saint-Remi

Des études sont actuellement menées sur l’archéologie du bâti de l’abbaye Saint-Remi par l’université de Reims en collaboration avec le musée Saint-Remi, notamment par le biais d’un stage de recherche de Master 2. Un monument tel que l’abbaye est complexe à étudier d’une part à cause de ses dimensions et de sa complexité, mais aussi du fait de sa longue et tumultueuse histoire.
Après une longue utilisation religieuse, du début du VIe siècle jusqu’à l’expulsion des derniers moines en 1792, l’abbaye est devenue un Hôtel-Dieu (1827–1903), puis un hôpital civil (1903-1939) et enfin un musée à partir de 1978. Toutes ces utilisations ont chacune amené leurs lots d’aménagements et de rénovations, qui s’ajoutent aux différentes reconstructions que l’abbaye a connues suite au grand incendie de 1774 ou au bombardement de 1916.
Afin de comprendre comment l’abbaye a évolué au cours de son histoire et de déterminer quels sont les éléments anciens qui subsistent aujourd’hui, plusieurs méthodes sont utilisées. Les recherches bibliographiques permettent de récolter des informations sur les différentes évolutions qu’a connues l’abbaye. Ces évolutions sont ensuite recoupées avec les plans historiques et les plans récents afin de vérifier la véracité des sources littéraires. Enfin, une étude de terrain est nécessaire afin d’aller constater les différentes informations relevées précédemment. Pour cela on peut détailler les variabilités architecturales au sein d’une même pièce et les relier aux différents matériaux utilisés. Ces informations sont ensuite recoupées d’une pièce à l’autre dans le but de trouver des similarités qui pourraient être associées à des âges et obtenir des datation d’ensemble. Les premiers résultats montrent que dans sa forme générale, à l’exception de quelques bâtiments aujourd’hui disparus, l’abbaye est encore proche de celle reconstruite par les mauristes à la suite de l’incendie de 1774. C’est dans son aménagement intérieur que les travaux de rénovation ont été le plus impactant durant les deux siècles précédents.

Delvienne Etienne
Etudiant en Master 2 AGP (Archéologie des Géomatériaux, Patrimoine)


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