Regard sur… Foujita, l’élégance du trait

Musée des Beaux-Arts

Regard sur… Foujita, l’élégance du trait

Exposition
du samedi 10 novembre au lundi 11 février 2019

Issu de l’importante donation, faite au musée des Beaux-Arts de Reims, un ensemble de dessins de Léonard Foujita pour le livre La Rivière enchantée sera pour la première fois montré au public. Réalisées en 1951, à l’encre, au feutre ou au stylo bille, sur de petites ou de grandes feuilles, ces œuvres, toutes restaurées, témoignent des recherches de l’artiste, en quête de la meilleure illustration pour rendre hommage à Paris, ville des lumières et de la fête qui l’a accueilli dès 1913. Confrontées aux planches originales à l’eau forte de la bibliothèque Carnegie et à quelques objets ayant appartenus à l’artiste dont une marotte prêtée par la maison atelier de Foujita à Villiers-le-Bâcle, cette exposition rappellera l’esprit facétieux et cultivé de Foujita. Après les tourments de la guerre, il renoue ici avec la célébrité, revivant et réinterprétant ses heures de gloire. Au fils des pages contant l’histoire de la capitale, côté rive droite, depuis le moyen-âge jusqu’à la période contemporaine, l’audace de l’artiste réside dans ses propositions graphiques qui bousculent la notion du temps. Fidèle à son propre univers, il réinvente avec élégance et poésie, ses figures féminines, chats et autres perspectives vivifiantes. Au-delà des mots, ces images dessinées puis gravées enrichissent le texte du narrateur - son ami René Héron de Villefosse - mais se nourrissent aussi de citations plus improbables que pertinentes. En convoquant dans ce livre, des auteurs français de la littérature moderne et contemporaine (Charles Baudelaire, Pierre Corneille, François de Malherbe, Stéphane Mallarmé, Anna de Noailles, Jean-François Regnard, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Alfred de Vigny, Héron de Villefosse lui-même), l’écrivain renforce la vision d’une capitale des Arts dans laquelle son ami Foujita, « Parisien de Tokyo», a trouvé sa place. L’élégance du trait se mêle avec finesse aux traits de l’ironie qui fait de cet ouvrage l’un plus prestigieux de l’artiste recherché par les bibliophiles. Foujita devient l’éternel enchanteur.