Regard sur... Simone Boisecq, dessin

Musée des Beaux-Arts

Regard sur... Simone Boisecq, dessin

Exposition
du samedi 17 février au lundi 21 mai 2018

"J’ai aimé le dessin parce que l’imagination pouvait s’y développer autant que l’adresse manuelle. Je ne suis pas adroite mais j’ai le sens de la direction."
Entretien de l’artiste avec sa fille Anne Longuet Marx, juillet 2007

"Le dessin est l’écriture des formes, mais il n’échappe pas à la lumière."
Simone Boisecq, Alger, 1942, cahier d'Esthétique, inédit*


Le musée conserve douze sculptures de Simone Boisecq, données par l’artiste et ses enfants depuis 2004. Les pièces, par leur qualité et leur diversité, offrent une lecture complète de son œuvre produite des années cinquante jusqu’à sa mort en 2012. C’est un aspect méconnu de ses talents qui est dévoilé dans l’exposition : Boisecq dessinatrice. Elle révèlera la force de son œuvre sur papier imprégné de liberté et d’audace spécifique. A partir d’une sélection d’une trentaine de feuilles petites et grandes, l’exposition mettra l’accent sur deux types de productions que l’artiste mène en parallèle : dessins d’imagination et dessins de sculpture.

Dans le premier cas, l’artiste dessine, autant qu’elle modèle, instinctivement des formes ancestrales en puisant dans sa mémoire, nourrie de paysages, de lectures et d’amitiés artistiques. Dans le second, elle tente de reproduire successivement et inlassablement ses sculptures issues de la terre, moulées en plâtre puis souvent réalisées en bronze. De la figuration archaïque à l’abstraction organique, Boisecq propose un univers de poésie et de magie. Ces dessins faits d’encre, de feutre ou de crayons nous interrogent sur l’invisibilité des choses. Et, même au plus près de ces représentations de sculptures, l’hyperréalisme ressenti n’est qu’illusion, prétexte à voir autrement, à révéler la puissance de l’œuvre en train de se faire. Ces dessins sont plus que des dessins de sculpteur, ils sont un moyen d’expression autonome et un autre langage formel

Boisecq nous renvoie sans cesse à la création universelle et intemporelle, celle des civilisations chargées de figures guerrières et d’espaces sacrés. Une forme de beauté sauvage et silencieuse s’impose aussi bien dans ses dessins que dans ses sculptures. D’abord simple croix, l’arbre se transforme ; ici, en forêt (1952), ensuite en ville (1954), puis également en citadelle (1956) jusqu’au couple Adam et Ève (2007). Sa modernité est dans l’intensité de sa création et surtout dans l’hybridation de ses propositions. En cela, son œuvre résonne avec les recherches actuelles qui empruntent à des univers multiples pour surprendre et transmettre aussi des expériences intimes de vie.

Quelques pièces de plâtre et bronze accompagneront ses œuvres graphiques dont certaines sont dévoilées pour la première fois au public. Au premier étage, on retrouve d’autres de ses sculptures.

* Communication à l’auteur, Anne Longuet Marx, juillet 2016

Petit journal en haut sur cette page, Infos pratiques "Téléchargez le programme"

Simone Boisecq (1922 - 2012)
Sans titre - Série des Silhouettes, [1980-1985]
Encre de Chine et lavis sur papier
Collection particulière
© Adagp, Paris 2018 / © Photo : C.Devleeschauwer
Ville de Reims - Direction de la communication

Simone Boisecq (1922 - 2012)
Mausolée de voyage V
2000
Plume et encre de Chine, graphite sur papier
66,3 x 50,6 cm
Collection particulière
© Adagp, Paris 2018 / © Photo : C. Devleeschauwer