Actualités de la recherche

Au musée Saint-Remi : enquête sur le bâton de saint Gibrien

En septembre 2016, une équipe de l’Université de Lille, accompagnée d’ingénieurs de recherche du Laboratoire de Recherches des Monuments Historiques et du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France, a étudié le bâton de saint Gibrien, visible dans l’exposition permanente du musée Saint-Remi.
Cette hampe ou bâton épiscopal, constitué de trois parties et d’une quatrième manquante ainsi que d’une crosse disparue elle aussi, appartient au musée Saint-Remi (pour deux d’entre elles) et à l’Etat (pour la troisième). Datée du XIIe ou du XIIIe siècle, en buis (essence de bois confirmée par un prélèvement lors de l’analyse), elle proviendrait du trésor de l’abbaye Saint-Remi.
La spécificité de cet objet réside dans la rareté de sa production, car à ce jour, seules cinq hampes de ce type sont connues. Toutes datées à peu près de la même époque, elles présentent des décors de la vie du Christ globalement similaires, même si la version rémoise est plus fine et détaillée que les autres bâtons qui sont conservés au musée de Cluny, à Maubeuge, Pontoise, Évreux ou Mons en Belgique.
Les résultats définitifs de cette étude devraient permettre au musée Saint-Remi de mettre en valeur toute la spécificité artistique et l’usage de cet objet. Il retrouvera ensuite une place plus adaptée dans la rénovation future des salles du musée.

Au musée des Beaux-Arts : L’œuvre plurielle de Clément Mère

Bien que le nom de Clément Mère (1861-1940) ne soit pas aussi renommé que celui de Ruhlmann, il est indéniable que cet artiste-décorateur a marqué les arts décoratifs. Originaire de Bayonne, il a suivi les cours de Jean-Léon Gérôme à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris avant de regagner le Pays Basque pour réaliser des peintures de paysages et des reliures. En 1900, il rejoint la galerie La Maison Moderne de Paris, puis rencontre Franz Waldraff. C’est avec ce dernier, qui devint son compagnon de vie, qu’il créa son atelier en 1902.

La production de mobilier de Clément Mère, de tissus brodés, de peintures et d’objets de tabletterie est loin d’être négligeable tant au niveau de la quantité que de la qualité. Il utilise régulièrement des matériaux précieux comme l’ivoire, le bois de rose et l’ébène. Son œuvre a été reconnue par les institutions. Il a ainsi été nommé conseiller artistique près de la Légation de France à Berne après avoir créé un atelier pour internés militaires en Suisse, en 1916. Il a également été vice-président de la Société des Artistes décorateurs et président de la section Arts décoratifs de la Société Nationale des Beaux-Arts. Le corps diplomatique ainsi que des musées nationaux lui ont commandé de nombreuses œuvres. La grande bourgeoisie fut enfin un commanditaire important de Clément Mère. En 1925, le Comte André de Fels lui confia ainsi la réalisation de peintures pour la salle à manger de son hôtel particulier parisien, où il organisait des salons littéraires en présence de Paul Valéry, d’André Gide ou de Georges Simenon. Pour cette pièce de 78m2, l’artiste réalisa sept grands panneaux décoratifs représentant des paons, des grues et autres oiseaux transposés dans un décor exotique avec une multitude de fleurs stylisées. En 1983, cet ensemble décoratif a été accepté à titre de dation par l’État. Après avoir été attribué au musée d’Orsay, il a été déposé au musée des Arts décoratifs de Paris. Depuis 2014, ce magnifique ensemble est présent au musée des Beaux-Arts de Reims.

Anne-Claire STRUILLOU
Etudiante en Master 2 « Droit du marché et du patrimoine artistiques », Université Paris II – Assas

Anne-Claire Struillou, L’œuvre plurielle de Clément Mère, du dessin préparatoire à la réalisation finale, mémoire de Master 1 en histoire de l’art sous la direction de Jérémie Cerman, Université Paris-IV - Sorbonne, juin 2018.