Actualités de la recherche

Au musée Saint-Remi : enquête sur le bâton de saint Gibrien

En septembre 2016, une équipe de l’Université de Lille, accompagnée d’ingénieurs de recherche du Laboratoire de Recherches des Monuments Historiques et du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France, a étudié le bâton de saint Gibrien, visible dans l’exposition permanente du musée Saint-Remi.
Cette hampe ou bâton épiscopal, constitué de trois parties et d’une quatrième manquante ainsi que d’une crosse disparue elle aussi, appartient au musée Saint-Remi (pour deux d’entre elles) et à l’Etat (pour la troisième). Datée du XIIe ou du XIIIe siècle, en buis (essence de bois confirmée par un prélèvement lors de l’analyse), elle proviendrait du trésor de l’abbaye Saint-Remi.
La spécificité de cet objet réside dans la rareté de sa production, car à ce jour, seules cinq hampes de ce type sont connues. Toutes datées à peu près de la même époque, elles présentent des décors de la vie du Christ globalement similaires, même si la version rémoise est plus fine et détaillée que les autres bâtons qui sont conservés au musée de Cluny, à Maubeuge, Pontoise, Évreux ou Mons en Belgique.
Les résultats définitifs de cette étude devraient permettre au musée Saint-Remi de mettre en valeur toute la spécificité artistique et l’usage de cet objet. Il retrouvera ensuite une place plus adaptée dans la rénovation future des salles du musée.

Au musée des Beaux-Arts : Jean Hélart, un peintre rémois redécouvert

Jean Hellart ou Jean Hélart (1618-1685) est l’un des plus éminents peintres à Reims au XVIIe siècle. Cet artiste comptait parmi ses amis des personnalités célèbres comme François Maucroix et Jean de la Fontaine qui le mentionne dans son Conte des Rémois (1671).
L’artiste fut reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1677 avec le sculpteur Isaac de La Croix lui aussi d’origine rémoise. Ils obtinrent l’autorisation de fonder une école académique à Reims dont l’existence est souvent évoquée mais non confirmée.
La production de Hellart comprenait des portraits qui ne sont plus connus que par gravures et surtout des peintures religieuses. Le chantier majeur de sa carrière est la réalisation d’une galerie d’hommes illustres au château d’Étoges (50 km au sud de Reims), démantelée en 1876.
L’usage de coloris chauds et de personnages souriants caractérisent son style de manière aisément reconnaissable. Hormis les panneaux d’Étoges, le catalogue de Jean Hellart comprend une quarantaine d’œuvres dont la majorité est conservée à Reims au musée des Beaux-Arts, au musée Saint-Remi et dans l’ancien collège des Jésuites.

Noëlle TOUR, Jean Hellart, 1618-1685, peintre rémois, sep. 2017, [Mémoire de recherche en histoire de l’art appliquée aux collections (M2), École du Louvre, dir. Olivier Bonfait,]